10
Déc
2014
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exposition Tomoaki Suzuki au CAPC

Le CAPC, un écrin pour des expositions d’art contemporain

Le CAPC, un musée d’art contemporain dans l’Entrepôt Lainé

Bordeaux offre à l’amateur comme au curieux un lieu dédié à l’art contemporain.

L’Entrepôt Lainé, vaste entrepôt édifié au XIXe siècle pour le stockage des denrées coloniales, est investi dans les années 70 par diverses associations culturelles. L’une d’entre elles, le Centre d’Arts Plastiques Contemporains, fondée par Jean-Louis Froment, y demeurera et y trouvera là un terrain de jeu propice à la programmation d’expositions axée sur la création plastique du moment.

40 ans après, le CAPC est à la fois un musée et un centre d’arts plastiques où les artistes continuent de présenter leur production.

Ce qui m’intéresse dans cet article, ce n’est pas de porter un jugement sur le travail artistique présenté mais de m’intéresser au dialogue qui se créé entre le lieu et les créations exposées.

Le dialogue entre l’architecture de l’entrepôt et les oeuvres : une équation à résoudre

Le lieu est fort, très fort. L’architecture massive de l’extérieur laisse place à un parfait équilibre des formes à l’intérieur. Un premier étage conçu comme une galerie voire un déambulatoire surplombe une double nef centrale en rez-de-chaussée dotée de majestueux piliers.

Dans cette atmosphère quasi religieuse, le défi à relever pour l’artiste comme pour le commissaire d’exposition ou le scénographe consiste à s’approprier et à habiter la démesure de ce volume intérieur.

L’équation à résoudre ici pour l’artiste ou pour le professionnel chargé de la mise en scène des oeuvres est tout simplement de trouver la solution pour que ces dernières puissent exister en se confrontant à pareille échelle.

A ces premiers espaces d’expositions immédiatement accessibles s’en ajoutent d’autres dans les étages comme sur la terrasse menant au café-restaurant.

Quelques belles réussites

White Rock Line de Richard Long sur la terrasse extérieure ou les figures peintes de Georges Rousse sur des murs intérieurs sont d’excellents exemples de réussite dans le dialogue entre l’architecture et la production artistique.

Ces créations réalisées dans les années 80 pour l’entrepôt n’existent que par rapport à lui dans la mesure où elles en épousent la forme même. La linéarité de White Rock Line au centre de cette longue allée en terrasse menant au restaurant, les formes humaines de Georges Rousse courbées comme par le poids des voûtes dans des espaces intérieurs sont en étroite osmose dans leur forme avec l’architecture du bâtiment.

Oeuvre d'art contemporain de Richard Long au CAPC

White Rock Line de Richard long

Oeuvre d'art contemporain de Georges Rousse au CAPC

Figure humaine de Georges Rousse

Dans un tout autre registre, je ne peux qu’évoquer la vingtaine de figurines de l’artiste japonais Tomoaki Suzuki, figurines d’une cinquantaine de centimètres de haut disposées à même le sol dans la double nef centrale de l’Entrepôt lors d’une exposition tenue en 2014. Le défi à relever était bel et bien là dans la confrontation entre l’échelle des productions et le volume intérieur de l’édifice.

Exposition Tomoaki Suzuki au CAPC

Tom de Tomoaki Suzuki

De mon point de vue, l’artiste a su jouer habilement de ce rapport d’échelle et plus encore. Ses petites figurines humaines astucieusement positionnées ont suscité un intérêt tout particulier des visiteurs n’hésitant pas à s’en approcher pour en apprécier les moindres détails jusqu’à se coucher à même le sol.

L’appropriation de l’espace par l’artiste et/ou le(la) scénographe en charge de la mise en scène de l’exposition est le gage de la réussite de cet indispensable dialogue entre le lieu d’exposition et l’oeuvre exposée.

N’hésitez pas à me faire part de vos réactions…

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