23
Mai
2015
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JonOne artiste graffeur et peintre

John Andrew Perello alias JonOne, graffeur et artiste peintre américain

La 26ème Nuit du Savoir à l’Institut Culturel Bernard Magrez me permit de découvrir JonOne, graffeur et artiste peintre, commissaire de l’exposition « JonOne, king of Harlem » avec Maï Lucas photographe.

John Andrew Perello alias JonOne

JonOne artiste graffeur et peintre

Devant une salle comble, John Andrew Perello prend la parole et se présente en toute simplicité, déroulant le fil de son déjà long parcours artistique.

Né de parents dominicains venus à New-York dans les années 50, il ne fut pas l’élève que sa maman escomptait…

John Andrew Perello est intéressé par la rue, la culture de la rue car « la rue est la liberté » !

A 17 ans, il démarre ses premiers graffitis car « le graffiti est la vraie liberté »…

L’immeuble où vit John Andrew Perello est son premier terrain de jeu, celui où il élabore son blaze « Jon »…jusqu’au jour où sa maman lui intime l’ordre d’aller écrire son nom ailleurs dans la rue car le voisinage commençait à grincer des dents !

John Andrew Perello déclinera son blaze à l’envi dans le métro new-yorkais en totale illégalité. Il y joindra bientôt un coeur et le nom de sa dulcinée, puis Jon deviendra JonOne lorsque la rupture amoureuse surviendra !

JonOne… « pour exister, pour regagner l’estime de lui-même » !

JonOne ne cessera plus de produire, frénétiquement, dans ce mouvement artistique new-yorkais de la rue.

JonOne artiste graffeur et peintre

John Andrew Perello n’a pas le parcours normal d’un graffeur, son cheminement est fait de multiples rencontres avec des artistes dans la rue, de visites de musées, de découvertes artistiques comme Pollock…jusqu’à cette rencontre qui le conduira dans un atelier où se trouvait Basquiat notamment !

JonOne sévira cinq ou six années comme graffeur dans les rues de New-York, ce qui à l’entendre fut un record de longévité tant le contexte était dur…dur car la rue était dangereuse mais dure aussi tant la durée de vie artistique d’un graffeur dans ces années-là était courte, six mois maximum !

JonOne aura mis à profit ces années pour développer un style bien particulier, différent de celui des graffeurs de cette période. Il s’orientera vers l’abstraction alors que tous s’adonnaient au figuratif…

Des squats parisiens en guise d’ateliers

Fin des années 80, une rencontre avec le graffeur et producteur de disques parisien Bando va infléchir le destin de JonOne. Bando l’invite à venir à Paris.

Arrivé dans la capitale, vêtu d’une tenue militaire, doté d’un simple sac à dos, JonOne découvrira place Stalingrad, berceau de la culture hip-hop européenne, la scène parisienne du graffiti .

John Andrew Perello trouve les graffitis parisiens beaux, avec un tout autre esprit que ceux de New-York…une inspiration poétique !

JonOne rêvait enfant devant les images d’ateliers de Picasso ou Giacometti et Paris va concrétiser son rêve d’enfant en lui offrant ses premiers ateliers, des squats !

Pour JonOne, « un artiste a besoin d’un atelier pour progresser ».

L’Hôpital éphémère, squat établi dans l’Hôpital Bretonneau du 18e arrondissement, constitue pour JonOne un souvenir merveilleux, celui d’un « lieu culturellement riche » où s’exprimaient aux côtés des street artistes, des artistes comme Daniel Spoerri ou des musiciens comme la Mano Negra .

Un impérieux besoin de laisser une trace !

Pour comprendre la frénésie dans la production de JonOne, il faut comprendre combien l’artiste va s’employer à laisser une trace face à l’angoisse de mourir.

Ecrire son nom n’hésite-t-il pas à dire c’est déjà laisser une trace !

JonOne artiste graffeur et peintre

Le côté éphémère de la rue va d’ailleurs très vite le gêner et dans une recherche constante il s’emploiera à trouver une autre voie…la peinture !

C’est ainsi que JonOne va se mettre à produire des toiles qui grâce à la générosité d’Agnès B notamment sortiront de son atelier pour être exposées et partagées avec le public car « un artiste ne peut pas exister seul, il a besoin des gens pour exister, pour progresser »…

Aujourd’hui le succès est au rendez-vous pour JonOne !

Après une collaboration avec la Fondation Abbé Pierre, la réalisation d’une toile pour l’Assemblée Nationale, c’est à présent l’exposition « JonOne, king of Harlem » dans le magnifique écrin qu’est l’Institut Culturel Bernard Magrez à Bordeaux.

JonOne artiste graffeur et peintre

Mélangeant tradition et modernité, JonOne et Maï Lucas proposent une exposition dont les toiles colorées, chaleureuses de l’un et les photographies de l’autre transmettent « l’énergie, la vie », prérequis indispensables à leur production artistique !

 

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2 Responses

  1. FLORENCE FLORENTINY

    Merci pour le portrait de cet artiste talentueux, quel parcours et une belle reconnaissance internationale méritée aujourd’hui

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